Georges & moi

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Présentation, Clémentine Déroudille

Brassens, le grand prêcheur de mots, celui qui s’autorisait à tout dire, à marier dans ses vers le plus grossier et la plus belle fleur de la langue française, ce héraut de la liberté qui déjouait toute forme de fanatisme et d’endoctrinement, évitant toujours l’esprit de sérieux, cet homme nous manque. Et cruellement. Ce n’est plus un fait, c’est une évidence… Mais heureusement, Alexis HK est là.

Passer un moment avec Georges, vous en rêviez ? Dans Georges & Moi, Alexis le fait pour nous… et avec nous !

Il faut dire que cela fait longtemps qu’ils se tournent autour tous les deux. Depuis le tout début de sa carrière, Alexis reprend quelques chansons de son aîné, oserais-je parler de maître, et en a même gravé une sur son premier disque : Le Grand Pan. On peut remonter encore plus loin… à l’enfance du chanteur bercée par les chansons de Georges. Quand Alexis a commencé à gratter une guitare et envisager sérieusement le métier de chanteur, il s’est tourné vers son aîné et l’a écouté encore plus attentivement. C’est donc tout naturellement que les journalistes ont joué rapidement aux jeux des comparaisons et des ressemblances : le goût des mots, du rire, de l’ironie joyeuse sans oublier leur prestance scénique, une simplicité dans la forme qui donne une rare tenue à leurs chansons impeccables.

On connaissait les talents scéniques d’Alexis HK, une petite phrase de lui entre deux chansons peut faire éclater de rire une salle entière. Ici, il va encore plus loin en inventant un personnage, une sorte de lointain cousin, un brin neurasthénique, un peu nostalgique, toujours très drôle, racontant la vie d’ici au Georges Brassens de là-bas. Le tout ponctué de seize chansons de Brassens.
Si Woody Allen rencontrait Georges Brassens, que lui dirait-il ? Peut-être ce qu’Alexis nous conte dans Georges & Moi : les bienfaits de ses chansons sur sa construction d’homme, et ce qu’il lui a transmis. Alexis, il faut le dire, en parlant un peu de lui parle beaucoup de nous.
Cerise sur le gâteau, si je peux le nommer ainsi, le comédien François Morel, en collaborateur artistique, partage avec eux non seulement le goût de la chanson mais aussi celui du comique tendre et farceur, et donne à ce faux tour de chant une tournure presque théâtrale, entre « stand up » et concert classique.

Georges Brassens avait une façon toute particulière de chanter les mots, avec une diction aujourd’hui surannée qui peut faire rebrousser chemin aux auditeurs de passage. Comme lui, Alexis HK réunit dans son chant classicisme et diction impeccable, mais apporte la modernité du « flow » et la chaleur d’une voix ronde et grave.
Accompagné de Simon Mary à la contrebasse et de Loïc Molineri à la guitare, il fait swinguer les chansons comme personne avant lui. Les musiques de Brassens peuvent pour les plus ignorants sembler simples, voire même simplistes. Il suffit de gratter quelques accords sur une guitare pour contredire facilement les rabats joie. Ici, les trois musiciens « virtuoses » s’amusent et donnent à ses mélodies une légèreté nouvelle, accompagnant parfaitement les propos des chansons. Ce goût de l’irrévérence que Brassens avait la grâce non pas de revendiquer mais de vivre, il l’a beaucoup chanté et pas forcément dans ses chansons les plus célèbres. Pour certains, ce spectacle sera alors l’occasion de découvrir toute une partie sulfureuse de son répertoire, celui à ne pas mettre entre toutes les oreilles… ou plutôt si, car découvrir la sexualité par les chansons de Georges Brassens est un luxe qu’il est bon de transmettre aux plus jeunes. Ce spectacle existe aussi pour cela : perpétuer les traditions. Ainsi, comme le dit Alexis, les parents qui écoutent Brassens sont plus détendus que les parents qui écoutent Michel Sardou… et leurs enfants deviennent de beaux et talentueux adultes. La preuve avec ce spectacle. Merci Georges !

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